.......Il était une fois la princesse Violette de Grandpays et la princesse Prune de Petitelande. Non, elles n'étaient pas plus belles et plus intelligentes que les autres filles, ni plus douce et attentionnées. Leurs robes n'étaient pas magnifiquement décorées, d'ailleurs, elles préféraient les pantalons, et puis quand elles mettaient des robes, elles ne savaient pas les porter convenablement. Oui. C'était juste Prune et Violette, c'est tout. C'est ce qui justement énervait leurs parents : comme elles n'étaient pas spéciales, comme les autres princesses des histoires, et qu'elles n'étaient pas assez responsables et chic, ils ne voyaient pas l'intérêt de garder ces enfants. Le roi de Grandpays et de Petitelande décidèrent donc, ensemble, d'emmener leurs filles dans la maison Paindépice, abandonnée depuis un siècle au milieu de la forêt, là, elles ne feraient honte à personne.
"Vous resterez ici, pendant très longtemps, le temps qu'il faudra pour que vous deveniez dignes de nos royaumes !"
.......Ils les laissèrent là, toutes seules, dans la vieille cabane. Violette et Prune se rencontraient ainsi pour la première fois. Elles étaient légèrement semblables : les cheveux courts, la robe déchirée et tachée (oui, elles aimaient sauter dans les flaques et courir dans la boue...), et puis elle n'avaient pas "des yeux bleus comme le ciel et la mer" comme ces blondasses de contes de fées. Non, elles avaient les yeux marrons, les yeux de cochon, super classe tout de même. La princesse Violette, elle, devait porter des lunettes, faute de vue correcte... Vous allez me dire, les princesses ne portent pas de lunettes. Eh ben si ! Et ça ne dérange personne que je sache. Enfin si, le roi de Grandpays en avait fait son complexe majeur. Hum. Pendant deux minutes, elle restèrent debout, à se regarder, jusqu'à ce que Prune déclare :
"Il y a des toilettes dans cette baraque ?"
.......Certes, la maison était entièrement faite de sucreries (mais elles n'y touchèrent pas, en sachant que ça faisait un siècle qu'elles moisissaient dans la forêt...), mais apparement, l'ancien propriétaire n'avait pas pensé au besoin primordial de l'être humain, homme ou femme : il n'y avait PAS de toilettes là-dedans. Prune fut donc obligée d'aller faire dehors. Mais il y avait le grand méchant loup qui rôdait dans les parages ! Il essaya de s'en prendre à la princesse Prune, mais, pris d'horreur par l'odeur dégagée par le cake de la princesse, le loup s'enfuit. Prune avait échappé à la mort !
"Les charmes des princesses sont parfois utiles !"
[...]
.......Le temps passa, et elles restèrent un an dans la maison Paindépice, à affronter les créatures de la forêt de façon aussi vaillante que Prune l'avait fait la première fois. Elles commençaient quand même à en avoir assez de s'ennuyer ainsi. En plus, faute de vêtements, elles portaient toujours la même robe depuis qu'elles avaient été enfermées dans cette forêt. Violette déclara :
"Nos pères auraient tout de même pu nous fournir un minimum de confort ! ça craint un brin ici ! En plus, cette maison a dépassé sa date de consommation depuis un siècle !! On peut même pas la manger !"
.......Mais, alors qu'un jour d'ennui comme les autres se levait, à l'aube, Prune entendit du bruit :
"C'est qui le connard qui se balade à cette heure là ? Je veux faire ma grasse mat' !"
Des bruits de sabots se firent entendre, et un hennissement transperça les tympans de la princesse Violette, qui se réveilla en sursaut. On frappa à la porte. Prune alla ouvrir, et un homme aux cheveux long et à l'allure princière apparut.
"Je suis le prince Louise, et je suis venu délivrer la princesse qu'on dit enfermée depuis un an ici."
......."La princesse" ? Mais il y en avait deux... Le problème était là, laquelle devait partir ? De plus, ce prince débile ne voulait pas en emmener deux. Trop de poids sur le cheval blanc, vous comprenez. Alors Violette, qui avait grand coeur, prit une décision. Prune devait partir avec le prince Louise, il lui était destiné.... car c'est elle qui lui avait ouvert la porte en premier. Ils partirent donc tous les deux, et laissèrent Violette dans la maison. Elle y resta encore un an de plus. Puis, un matin, on frappa à sa porte. Elle alla ouvrir, et un homme aux cheveux long (et supers gras) à l'allure pas princière du tout apparut.
"Je suis le prince Velouté de Fruix, et je suis venu délivrer la princesse Prune qu'on dit enfermée depuis deux ans ici"
.......Violette était surprise, Prune était partie il y a un an ! Et puis, Prune, encore Prune ! Elle devait être penarde avec son prince Louise. Elle doit être en train de vivre heureuse et de faire des enfants, qu'elle aura beaucoup, comme dans toutes les histoires, d'abord.
"Scusez, prince de Fruix, mais il y a erreur : la princesse Prune est partie d'ici il y a un an. Il n'y a plus que moi, Violette de Grandpays."
.......Le prince de Fruix était très déçu et il partit, sur son cheval blanc, cela va de soi... Violette commençait à en avoir sérieusement assez. Elle décida donc de prendre la fuite, faisant fi de tous les danger qui la guettaient !
Malheureusement, elle mouru empoisonnée par le petit chaperon rouge, qui apportait du vin à sa grand-mère. En fait, le chaperon s'était trompée : elle avait pris du dichlorométhane à la place... Elle en avait gentiment proposé à Violette... Ainsi se termina la vie de Violette de Grandpays. Son cadavre fut dévoré ensuite par le grand méchant loup, qui fit une indigestion.
.......Et ainsi se termina la vie du grand méchant loup. Tou est bien, qui finit bien !